"Al-Qaida : une guerre non lineaire,"

Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou
Published: 
Dec 2005

L’après-guerre froide a été marqué par une rupture dans la réglementation internationale régissant le recours à la force. Malgré le potentiel dévastateur des armes nucléaires, la Guerre froide avait la vertu de réguler le flux de violence1 . Elle constituait un déploiement tangible de forces antinomiques dont le déclin a conduit, en particulier, à la transformation de la façon dont la conflictualité est canalisée, organisée et argumentée. «Au commencement de la Guerre froide, ce régime a insisté sur l’inviolabilité des obligations du droit international, conformément au dicton pacta sunt servanda (‹les traités lient›). Les dix dernières années de ce conflit, il y a eu un soutien grandissant en faveur de la doctrine légale rebus sic stantibus (‹pour autant que les choses restent ainsi›) qui aurait résilié ces accords si les conditions au moment de la signature n’avaient plus été réunies.»2

Geographic Region: